Jean-François Diné... "Utopia"

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Dereglement climatique
Le dérèglement climatique

Dérèglement du climat : le suicide de l'humanité

L'homme dérègle de façon irréversible le climat de la planète dans laquelle il vit en acceptant quasiment sereinement les conséquences dramatiques qu'il a lui-même calculées.

La Conférence Scientifique Internationale sur le climat qui réunit la communauté scientifique de la plupart des pays du monde, dans sa déclaration finale, précise de façon unanime que " les impacts du changement climatique peuvent déjà être observés et les écosystèmes en subissent déjà les effets. Des modifications se sont déjà produites sur la calotte glaciaire, les glaciers et le régime des pluies ".

Au sein du GIEC (Groupe Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat), les débats sur la hausse des températures dues aux activités humaines dans les 50 ans qui viennent, ne portent pas sur la réalité des faits mais sur une fourchette : l'augmentation des températures sera-t-elle de 1, 6 degrés ou de 5,8 degrés ? Les 9 des 10 dernières années ont été les plus chaudes depuis le début des relevés météorologiques en 1861.

Les hypothèses évoquées sont donc des hypothèses " à minima ". Cette hausse des températures d'origine " humaine " engendrera une recrudescence de phénomènes climatiques extrêmes (les tempêtes ou sécheresses par exemple).

Les pays les plus pauvres seront les plus lourdement touchés. Qui aujourd'hui peut soutenir sérieusement que l'activité humaine et ses conséquences sur le climat n'engendreront pas un nombre plus ou moins élevé de malades et de morts, essentiellement d'ailleurs dans des pays qui ne sont pas à l'origine de ces dérèglements (20% des pays de la planète responsables de 80% de la pollution)?
Pour enrayer le dérèglement irréversible du climat, en 1990, les experts du GIEC expliquaient qu'il fallait diminuer de 60% nos rejets… Et nous atteindrons dans 20 ans un quasi doublement par rapport à 1990.

Le protocole de Kyoto a comme objectif une diminution de 5,2% seulement des émissions de gaz à effet de serre pour les pays signataires, ce qui est une goutte d'eau, d'autant que les Etats-unis et les pays émergents à croissance forte n'ont pas signé le protocole…

Une impasse pour l'environnement

L'impasse écologique se traduit également par la dégradation dramatique de ce que l'on appelle l'empreinte écologique.

L'empreinte écologique, c'est " l'estimation de la superficie dont la terre a besoin pour subvenir à nos besoins selon notre mode de vie ". Elle permet de mesurer directement l'influence de l'homme sur la nature à partir de données simples : sa nourriture, son logement, ses déchets, ses moyens de locomotion…

L'empreinte écologique ne prend pas en compte les ressources naturelles non renouvelables (pétrole, gaz, …) mais uniquement les ressources qui peuvent se reproduire ou se régénérer sans intervention humaine : sol, forêt, eau, climat, reproduction des espèces naturelles… On convertit donc (selon des normes strictes et reconnues par la communauté scientifique) ces ressources renouvelables utilisées pour satisfaire les besoins économiques d'une collectivité humaine en superficie de la planète marquée par l' " empreinte de l'activité humaine ".

Si le mode de vie des français était généralisé à toute la terre, il faudrait 3 planètes pour satisfaire les besoins de la population mondiale (5 pour les américains).

Aujourd'hui l'empreinte écologique dépasse de 20% les capacités biologiques de la terre, c'est-à-dire que l'humanité emprunte à la nature 20% de plus que ce qu'elle ne peut reproduire…

Vers un sacrifice des énergies non renouvelables


Si l'on prend le domaine des énergies non renouvelables, l'humanité fait un choix curieux :
Au rythme de la consommation actuelle (donc sans prendre en compte la hausse de 50% dans les 20 ans qui viennent de la consommation énergétique), il resterait environ 50 années de réserves de pétrole, 70 années de gaz et 55 années d'uranium.

Nous vivons dans un monde fini, il y a urgence à en prendre conscience.

Pour illustrer cette impasse écologique, nous aurions également pu prendre en exemple la dégradation constante de la biodiversité. Aujourd'hui le constat unanimement partagé est sans appel: 25% des mammifères sont en voie d'extinction, 11% des oiseaux et 15% des forêts du monde ont été détruites.

Enfin, la question du nucléaire doit selon nous faire l'objet d'un grand débat. L'enfouissement pour des centaines de milliers d'années de déchets radioactifs mérite, au minimum, une large discussion dans notre pays.

Tout cela est maintenant connu de tous et personne ne conteste que nous allons droit dans le mur. Mais, alors pourquoi n'y a-t-il aucune réaction - ou presque -, tant du côté des hommes politiques que de la population, alors que la situation s'aggrave de jour en jour et que tous les voyants passent au rouge les uns après les autres ?

La pensée dominante a toujours minoré les problèmes et affirmé que les progrès scientifiques et techniques les résoudraient tous.

Il est temps de réagir et de s'engager dans une politique énergétique qui préserve les énergies fossiles, ce qui aura des conséquences directes sur nos modes de locomotion, sur certaines de nos fabrications et plus largement sur nos modes de vie.

Osons affirmer que certains secteurs d'activité doivent connaître une véritable décroissance.

Les politiques actuelles de développement durable, parce qu'elles ne prennent pas la mesure des enjeux, ne sont plus tenables. Elles menacent non seulement la planète mais l'humanité elle-même car elles ne remettent pas en cause les logiques productivistes destructrices.

Il nous faut donc plutôt chercher des solutions pour aller vers un "équilibre durable", équilibre entre les besoins des hommes - les vrais besoins - et les exigences de la nature.

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