Jean-François Diné... "Utopia"

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UTOPIA : Commentaires de Jean-François Diné
Jamais jusqu'alors je n'avais eu l'âme à m'intéresser aux problèmes de la cité. Mes aspirations de vie étaient bien éloignées de ce qui me semblait être les préoccupations de mes compatriotes. Je n'attendais qu'une chose de cette société à laquelle j'appartenais : Arrêter de polluer la planète et me laisser vivre ma vie comme je l'entendais, même si mon "pouvoir d'achat" devait pour cela en pâtir…

Je me sentais complètement en marge de l'état d'esprit dominant. Le culte de la consommation me paraissait exécrable. La valeur "Travail" n'avait jamais réussi à investir mon esprit. Seul comptait pour moi ce projet d'évasion, de découverte du monde à bord de ce voilier de 10 mètres dont je venais d'achever la construction, et surtout la perspective d'un changement de vie absolument radical.

Il y a peu de temps, un ami lecteur me remit un petit fascicule qui, au premier abord, semblait être un traité de philosophie… Ce fascicule portait un nom : Utopia. Intrigué par l'avant propos du texte, je pris le temps de lire, puis de réfléchir à ce que ce fascicule contenait.

Il me fallut un moment pour réaliser que les auteurs de ce qui était en fait un véritable projet politique, malgré le complet décalage avec tout ce qui pouvait se faire actuellement, n'étaient pas simplement de doux rêveurs, gentils et inoffensifs, mais que non seulement leurs idées correspondaient tout à fait aux aspirations de bons nombre d'entre nous, mais qu'elles cadraient exactement avec les nécessités impérieuses qu'impose l'état actuel de notre planète.

Imaginez donc un peu. Préconiser la révision des indicateurs de richesse de notre société… Vous qui vous intéressez aux récits de voyage, et donc êtes sensibles à certaines valeurs liées à ce que l'on appelle "la qualité de vie", ne trouvez-vous pas que la véritable richesse d'un pays devrait non pas se calculer sur ce que chacun d'entre nous possède, c'est-à-dire le PIB, mais sur le véritable bien être que l'on peut ressentir dans la vie de tous les jours ? Ceci n'est qu'un exemple.

Il y a des choses qui ne me plaisent pas complètement dans ce projet, bien sûr. Il a été élaboré par des personnes déjà très engagées politiquement, et s'en trouve de ce fait plus orienté qu'il eut fallu pour des néophytes comme moi n'ayant jamais eu aucune véritable conviction. Mais le concept est absolument génial. Les grandes lignes ne peuvent laisser indifférent. Et il serait dommage, je pense, que ce mouvement en reste là, c'est-à-dire avec ses 600 militants…

De toute manière, acculés comme nous le sommes devant ce fait accompli que la planète ne s'est jamais portée aussi mal depuis l'avènement de l'espèce humaine, et que les hommes politiques, nos "élites"…, qu'ils soient de gauche, de droite, où même "vert", semblent beaucoup plus sensibles à leurs petits problèmes d'accession au pouvoir qu'aux besoins intrinsèques de l'individu, il est clair que même si vous ne vous êtes jamais sentis l'âme militante, nous devons tous sortir de notre petit confort matériel et mental et "monter au créneau" comme on dit.

Si nous tous, amoureux de notre planète, du temps libre, du bonheur de vivre, mais inquiets pour notre environnement, pouvions nous fédérer dans ce mouvement dont vous allez découvrir les grandes lignes en tournant la page, alors peut-être pourrions-nous obtenir la reconnaissance indispensable dans le système démocratique qui nous régit, et arriverions-nous à faire évoluer les choses...

Cet appel, je le lance à tous ceux qui liront cet ouvrage, quelle que soit la langue dans laquelle ils le liront, car les idées n'ont bienheureusement pas de frontières. Et si l'on veut qu'il puisse être efficace ce mouvement, alors il doit être universel.

Vous tous, citoyens de France, d'Allemagne, de Hollande, de Belgique, d'Angleterre, et de tous ces pays formant notre belle communauté, si vous tombez sur ces lignes et vous sentez concernés par quelque chose qui vous ressemble, quelque chose qui nous ressemble, faites passer le mot, organisez-vous, organisons-nous ensemble. Créons le premier véritable mouvement politique européen. Levons-nous pour que notre monde puisse enfin prendre une direction plus raisonnable, plus juste, plus humaine. Devenons tout simplement des "Utopiens" !

Certains vont certainement s’interroger sur le bien fondé d’un pareil sujet sur un site dédié à des récits de voyage en voilier.

Et pourtant… Peu d’univers pourrait en effet receler plus d’utopiens que celui de la plaisance. La philosophie du voileux, car le voileux a sa philosophie, est très proche de celle de l’utopien. Je dirais même qu’elle s’y confond bien souvent.

La pratique de la voile confronte l’individu à la nature dans sa plus stricte identité. Elle le ramène à des valeurs semblant obsolètes à celui enraciné dans les chimères de la consommation. Le temps libre n’est pas un vain mot pour qui navigue. Quant à la « richesse » du navigateur, elle est bien au delà de cet univers matériel qui en catalyse certain jusqu’à l’abêtissement. Et si les effets du réchauffement climatique peuvent laisser indifférant le citoyen lambda ne pouvant trouver son bonheur que devant un écran de télévision, pour le navigateur directement confronté aux caprices de la mer et du vent, c’est dans sa véritable dimension qu’il vit les sombres modifications de mère Nature lorsqu’il a largué les amarres pour s’en aller rejoindre une terre derrière l’horizon.

Oui, ce sujet a véritablement sa place sur un pareil site...

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